24 avril 2012

D'une couleur

     Il y a quelques années, quand j'ai annoncé à un cousin éloigné de Père que je partais en Métropole pour faire mes études, il m'a mise en garde. Il m'a dit de faire attention au racisme, qu'en gros, j'en souffrirai, que c'était inévitable. Je ne sais plus si je l'avais répété à Mère ou si elle était là à ce moment, mais elle lui a donné raison.

     Je vous l'ai déjà dit, je ne souhaite pas vivre en me disant que tout ce qui m'arrive est simplement dû à ma couleur de peau. Je parais peut-être naïve, mais tant que j'en ai pas la certitude, je préfère ne pas mettre en cause ma couleur de peau. Tout ceux que je rencontre ne sont pas forcément cons. Si bien que contrairement à ce qui m'a été annoncé, il est très rare que je me sente victime de racisme. Peut-être le suis-je plus souvent que je ne le pense, mais je ne vois pas ce que ça m'apporterait de plus de le savoir ? Certains se rassurent ainsi et ne se remettent jamais en question alors que je ne pense pas que ça soit la meilleure manière de vivre.

     Comme nos opinions divergent sur le sujet avec Mère, il arrive que parfois elle commente ce que je lui raconte en accusant certaines personnes de racisme. Elle n'est pas du genre à se victimiser, mais disons que son expérience personnelle de la Métropole, il y a quelques décades, lui fait voir la vie d'une certaine manière.
     Dernièrement, c'est arrivé de nouveau. Mais là, ça m'a plus agaçée que d'habitude (bien que je ne le lui ai pas plus fait remarqué que d'habitude) parce qu'en l'occurence, c'était totalement faux et la suite de l'histoire le prouvait largement. Mais pourtant, sur une petite réaction que je lui ai reportée, elle a accusé la personne dont je lui parlais de racisme. L'histoire n'était pas finie, mais pour elle c'était logique que la réaction de la personne était motivée par son racisme latent.
     Je sais que son expérience est différente (bien que je ne la connaisse pas vraiment, au fond), mais je supporte de moins en moins son jugement hâtif. Même si les personnes incriminées ne sont pas forcément mes amies, ça m'énerve vraiment qu'elle accuse les gens d'accorder autant d'importance à ma couleur de peau. Chercher le racisme, c'est comme chercher le nombre 23 : c'est le trouver. Tout le temps. Toujours. Ne pas le chercher ne veut pas forcément dire ne pas le trouver, mais j'ai dans l'idée qu'on est plus près de la vérité. Et puis après tout, les gens n'ont-ils pas le droit au bénéfice du doute ? Par exemple, si demain vous veniez à me faire une réflexion (parce que vous me trouvez stupide, par exemple), elle pourrait apparenter cela à du racisme sans le contexte, alors que ce n'est pas le cas. Elle ne sait pas mais elle juge.

... Euh, dites... vous n'êtes pas racistes au moins ? ;-)

Moi, RosYCruZ l'ai dit à 12:55 - Familia - Réactions [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Sans vouloir être indiscrète, je te lis depuis quelques temps et trouve ton blog très bien mais de quel île viens-tu?

    isa l'a dit le 23 juillet 2012 à 23:07

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